Matériel

Depuis quelques années maintenant, les installations de panneaux photovoltaiques sont accélérées grâce à des programmes nationaux qui les favorisent en accordant un crédit d’impôt et un rachat d’électricité au kilowatt/heure intéressant. En effet, depuis 2005, une loi de programme fixant les orientations de la politique énergétique a été votée et avec cette loi, la France s’est fixé un objectif de production de 10% des besoins énergétiques français à partir d’énergie renouvelable (éolienne, panneaux photovoltaiques…) d’ici 2012. S’équiper de panneaux photovoltaiques n’est plus seulement un geste éco-citoyen pour la planète mais devient un investissement intéressant. Car les français sont bons en calcul et même si l’investissement n’est pas à portée de toutes les bourses (il faut compter environ 18000 Euros pour une installation de moins de 3 kwh), avec le crédit d’impôt et la revente totale de l’électricité, l’installation est amortie en à peu près six années. Il reste donc quatorze années de bénéfices (ceci avant la diminution du crédit d’impôt). Malheureusement, la loi qui vient de passer réduit le crédit d’impôt de 50% à 25%. Ce qui aura certainement pour effet (attendu par le gouvernement), de ralentir les demandes d’installations. Car la France, bonne élève, se rapproche trop rapidement de cet objectif et tente, par l’application de mesures restrictives, de ralentir l’engouement pour les panneaux photovoltaiques. Et l’engouement a été tel que de nombreuses personnes se sont auto-proclamées installateurs de panneaux photovoltaiques et que les déboires des particuliers ont été légion. Aujourd’hui, heureusement, la législation en la matière est plus rigoureuse et il faut simplement un peu de bon sens et faire établir plusieurs devis afin de ne pas payer plus que de raison. C’est pour cela qu’il serait intéressant de voir comment se fait une installation, quel coût maximum envisager et également les délais à prévoir entre les différentes étapes. 

Concept 

Un panneau photovoltaique est une grosse cellule qui capte le soleil pour le transformer en électricité. Il transmet cette électricité à un onduleur qui transforme ce courant continu en courant alternatif car le courant continu ne peut être utilisé tel quel dans le circuit électrique. Ce courant continu passe par un compteur spécial installé par ERDF et est donc comptabilisé et racheté. Et il est redistribué dans le réseau, donc, la plupart du temps consommé par la maison elle-même etles voisins immédiats. Mais avant de s’équiper, plusieurs données sont à prendre en compte. Déjà, pour pouvoir bénéficier du crédit d’impôt, il faut être propriétaire de sa maison. Cela paraît évident, mais un locataire ne pourra pas bénéficier du crédit d’impôt et donc ne pourra pas faire installer lui-même des panneaux photovoltaiques. Ensuite, il faut vérifier, à l’aide d’un professionnel, l’exposition de sa maison, la pente de son toit et s’il n’y a pas d’obstacle (cheminée, arbres….) qui pourrait faire de l’ombre sur le toit. Car de l’ombre, même sur un seul panneau, fait stopper tout le système et il n’y a plus de production d’électricité. Il faut également prévoir l’installation de l’onduleur dans une pièce qui n’est pas une pièce d’habitation, donc ailleurs que dans une chambre, cuisine, salle de bains… Une fois les précautions d’usage et la décision de l’installation prise, reste à savoir comment ces panneaux vont se situer sur le toit. En fait, la position sur le toit est laissée libre au propriétaire : Au milieu, sur le côté ou en bordure de toit, ce n’est qu’une question d’esthétique, à part peut-être en bordure de toit où, comme il n’y a pas de tuile, la neige (lorsqu’il y en a) glisse plus facilement. Il faut savoir que pour installer des panneaux photovoltaiques (pour une installation inférieure à 3 kwc), il faut enlever environ 22 m² de tuiles, donc avoir une surface de toit disponible et savoir ensuite quoi faire de toutes ces tuiles. 

Le matériel, l’investissement 

Il existe aujourd’hui deux sortes de panneaux photovoltaiques qui sont installés : Les polycristallins et les monocristallins. Les monocristallins sont issus du silicium qui a été fondu et purifié et que l’on a transformé en un lingot cylindrique très pur, dans lequel on découpe des « tranches » et qui constituent le panneau monocristallin. Les chutes de coupe de monocristallins sont recuites et reconstituées et forment les polycristallins avec un plus gros grain. Un panneau monocristallin aura donc plus de valeur qu’un polycristallin et sera vendu plus cher. Il est aussi réputé pour avoir un meilleur rendement que le polycristallin, ce qui, suivant les modèles de panneaux photovoltaiques n’est pas forcément vrai ou alors minime. Une fois déterminé le choix des panneaux, chaque installateur propose sa marque référente. Il est nécessaire de faire faire plusieurs devis afin de trouver un bon compromis entre le matériel fourni et le prix proposé. Il y a un montant incompressible : le montant à payer pour le raccordement EDF (environ 500 euros). Ensuite il faut penser qu’après l’installation et pendant la durée du contrat de 20 ans, il y a la location du compteur à payer, qui est d’environ 50 euros par an. Il faut savoir également qu’une fois les panneaux installés et le raccordement effectué, la revente de l’électricité ne vient pas en déduction de la facture d’électricité. Ce sont deux choses bien distinctes. Il y a d’une part, la facture de l’électricité consommée, et ensuite, une fois par an, un règlement de la revente totale d’électricité pour l’année. Il n’est pas facile de donner un exemple de coût d’investissement et calcul d’amortissement de l’installation, car tout va dépendre de la région (taux d’ensoleillement), de la pente du toit, de l’exposition et du choix des matériaux (encore qu’aujourd’hui, il y a peu de matériels vraiment obsolètes et inefficaces). 

Pourquoi investir ? 

Effectivement, depuis le passage de la nouvelle loi réduisant le crédit d’impôt, on pourrait se le demander. Mais tout compte fait, les premières réflexions qu’imposent les panneaux photovoltaiques sont dans un premier temps plus proches de la nature. Il y a le respect de l’environnement : Il faut savoir qu’un capteur photovoltaique n’émet aucune pollution. Une installation, même inférieure à 3 Kwc (ce qui est le cas général), permet d’éviter d’envoyer dans l’atmosphère, environ deux tonnes de CO2 par an, ce qui équivaut à environ 6000 kms en voiture de monsieur tout le monde ! Donc sur une durée de 20 ans : Quarante Tonnes. Ce n’est pas négligeable pour une seule installation ! Il faut savoir que les ressources d’énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon) ne sont pas inépuisables. L’approvisionnement de la planète repose à 81% sur les énergies fossiles ! Et si l’on n’y prend garde, les réserves de pétrole, gaz naturel et nucléaire seront épuisées bien avant le XXIème siècle. Une autre raison qui peut pousser à la démarche est l’augmentation de la valeur marchande de l’habitation. En effet, il faut savoir que le contrat de revente totale d’électricité est cessible. Donc, si, pour une raison ou une autre, une personne désire vendre son habitation, elle peut tout à fait mettre une plus value en raison de la présence de panneaux photovoltaiques. La valeur marchande sera plus élevée si l’installation a été faite récemment. Peu de produits financiers proposent aujourd’hui un revenu de placement qui oscille entre 7% et 11% (suivant le coût, le crédit d’impôt, etc…). Et cela représente surtout un placement fiable et durable (20 ans). Un atout non négligeable sur lequel jouent beaucoup d’entreprises d’installations de panneaux photovoltaiques. Voilà quelques raisons intéressantes pour faire pencher la balance en faveur de l’installation de ces fameux panneaux. 

Recherche d’installateur 

Lorsqu’une personne s’informe sur les panneaux photovoltaiques, il lui est très facile de trouver des entreprises qui en installent. Mais encore faut-il que ces entreprises respectent la charte. Car de nombreuses petites entreprises qui installaient des climatisations, ont décidé de se lancer dans le créneau, et cela sans avoir satisfait à des formations sur la question. Tant et si bien que beaucoup de consommateurs ont été lésés et ont encore aujourd’hui des problèmes par rapport aux installations ratées de ces personnes peu scrupuleuses. Normalement, toute entreprise doit avoir signé la charte QUALI PV et en fournir une attestation. Cette charte énonce en une dizaine de points les obligations de l’entrepreneur. Il est nécessaire aussi que l’entrepreneur propose un suivi administratif du dossier car le montage du dossier et l’accumulation de papiers risque d’en décourager plus d’un. Il y a aussi le risque que le dossier ne soit pas bien monté et que cela prenne plus de temps que prévu. Il vaut mieux se décharger de cela sur un professionnel. Il faut se méfier, si de prime abord, la personne ne parle que de parrainage destiné à vous faire gagner de l’argent ou bien un tirage au sort pour un voyage : Fuyez ! Il ne faut en aucun cas se laisser abuser par des personnes qui ne proposent aucun devis réel, ni ne fournissent aucune documentation du produit. Au terme d’un premier rendez-vous, il est primordial d’avoir eu tous les renseignements exigés, que ce soit sur l’entreprise ou le matériel, et aussi une vision assez détaillé du coût et du gain. Ensuite viendra le devis détaillé et la négociation. Un gribouillis sur un morceau de feuille de brouillon n’est pas un devis ! Une chose importante à vérifier : L’installateur doit avoir souscrit une garantie décennale qui s’applique sur l’installation et le client peut lui réclamer une copie de l’attestation. Cela peut servir au cas où une fuite d’eau résulterait de l’installation des panneaux photovoltaiques : cette garantie décennale s’appliquera. En règle générale, après toutes ces vérifications, il vaut mieux privilégier les installateurs locaux qui auront une réactivité meilleure en cas de besoin. 

En résumé 

Une installation de panneaux photovoltaiques ne demandant aucun entretien, mis à part le changement de l’onduleur au bout d’une dizaine d’années environ, l’opération est accessible à tout un chacun. Il n’est pas nécessaire d’être un professionnel du bricolage, il suffit de s’assurer qu’aucun obstacle ne vient interférer la captation de l’énergie solaire et que tout se passe bien au niveau de l’onduleur. Pour les férus en informatique, il est même possible d’obtenir par l’installateur, un logiciel à installer sur son ordinateur et qui permet de recueillir toutes les informations que donne l’onduleur par le biais d’une clé USB bluetooth, afin d’établir des statistiques de production. Il n’est pas aisé de savoir si la réduction du crédit d’impôt stoppera net toutes les demandes d’installations, mais une chose est sûre, cela les ralentira. L’accélération soudaine des demandes d’installations a eu quand même pour effet bénéfique d’ouvrir l’esprit des gens et d’avoir plus d’informations sur le sujet. En dehors de toute considération financière, il est primordial que les personnes se sentent concernées par l’effet de serre, et fassent au mieux à leur niveau personnel, pour limiter l’émission de CO2. Car c’est en prenant conscience de tout cela que l’effort paiera. Et il est possible de croire que les panneaux photovoltaiques (comme beaucoup de matériels) se généraliseront et par le fait, deviendront moins onéreux, ce qui comblera peut-être la baisse des aides de l’état. Aujourd’hui, la recherche se porte sur des polymères et des matériaux organiques qui pourraient se révéler moins onéreux à la fabrication des panneaux et remplacer le silicium. Ce serait une alternative très intéressante car extraire du silicium est assez polluant et si l’on pouvait le remplacer par une solution moins coûteuse, il se pourrait que cela facilite l’accès à l’énergie solaire pour de nombreux pays en voie de développement.